Lens et Lille se rapproche via le TER
article de la Voix du Nord du 11/12/2007
Dans les nouveaux horaires de trains en service depuis dimanche, cinq TER rapides ont fait leur apparition de Lens à Lille (deux le matin) et de Lille à Lens (trois le soir). Pas d’arrêt entre les deux gares et gain de temps de dix minutes en moyenne.
7 h 24, hier, gare de Lens. Il y a les habitués du lundi matin… et les autres, dont les élus lensois et les médias. Quelques minutes plus tôt, les maires de Bully-les-Mines et de Liévin ont pris place, avec le président de Région, dans le premier TER direct (un Alstom nouvelle génération) entre Lens et Lille. Depuis hier, cinq trains supplémentaires relient Lens et Lille en 30 minutes (un peu moins ou un peu plus selon les cas) sous l’impulsion du conseil régional, en charge des transports express régionaux (TER). Avec un investissement de 800 000 E, le principe de la Région est de proposer une alternative à la route, par des trains « postés » aux heures de pointe. Destinées aux habitants du bassin minier qui « montent » vers Lille (travail, études...), les dessertes prévoient deux allers le matin et trois retours en soirée.
« Cette liaison directe est extrêmement pratique pour mon travail », explique Francis, monté dans le 7 h 24 à Lens. Muté de Lens à Lille voici trois semaines, ce cadre bancaire a d’abord essayé la route. Les 1 heure et demie à deux heures de trajet l’ont découragé. Bref, Francis apprécie, tout comme cette passagère montée à Bully-Grenay (avant Lens) à 7 h 14. « C’est pas trop tôt ! Pendant quatorze ans, j’ai eu la hantise de rater ma correspondance à Lens », explique cette assistante de direction qui gagne du temps (10 minutes) et s’épargne aussi un changement de train.
« Vous savez, du moment qu’il arrive à l’heure », commentent quelques habituées un peu désabusées. Pour le coup, ce premier TER accusera quelques minutes de retard. « Trois, moins de cinq en tout cas », précise le directeur régional de la SNCF. Michel Boudoussier invoque la saturation de la gare Lille-Flandres aux heures de pointe mais garantit que ce retard restera exceptionnel.
Train contre bouchons
Avec ces cinq trains supplémentaires, la SNCF se fixe pour objectif d’augmenter de 20 % le nombre de passagers entre Lens et Lille. Pour le conseil régional, cette offre permettra aussi d’adapter la desserte à la fréquentation : 900 abonnés sur les trajets Lille - Lens, soit la 7e place sur le réseau régional. Il reste que l’enjeu vise à densifier l’offre alternative à la route autour d’une métropole asphyxiée. Daniel Percheron, président de Région, évoque « les deux millions et demi d’habitants d’une aire urbaine centrale qui perd son essence, sa patience et son temps aux portes de Lille ». Un réseau régional type RER se dessine à l’horizon 2012.
En attendant, Guy Delcourt, député et maire de Lens, trouve du grain à moudre dans cette offre supplémentaire. Il invoque l’intérêt d’un renforcement des cadences ferroviaires entre Lille et Lens pour le Louvre comme pour le pôle sportif chez le voisin de Liévin. « Ces projets vont nous empêcher de mourir comme certaines communes de Lorraine », garantit Guy Delcourt. Le rapprochement du bassin minier avec Lille, le président de la communauté d’agglomération de Lens-Liévin, Michel Vancaille, le résume par cette formule : « Avec la communauté urbaine de Lille, on peut dire que nous nous sommes quasiment pacsés… » •