rentrée de Pierre mauroy

Publié le par MJS Nord

Article de la VOix du Nord du 5 septembre 2007

C’est sa dernière rentrée, mais Pierre Mauroy parle toujours d’avenir  Si le «patron» montre encore la voie à Lille Métropole, le politique garde le coeur à gauche.

La tournée des dernières a commencé. Pierre Mauroy ne se représentera pas à la présidence de Lille Métropole Communauté urbaine en 2008. Il a donc donné hier sa dernière conférence de presse de rentrée. Il a brossé « l’histoire d’une formidable aventure collective » et tracé encore des perspectives, qu’il verrait bien mises en oeuvre par Martine Aubry.
« Une conférence de presse traditionnelle », comme il en donne depuis vingt ans, en tant que maire de Lille puis président de la communauté urbaine. Mais « la dernière du genre » pour lui, confirmant « la fin d’un cycle  » consacré à « tendre vers l’excellence ». Voilà donc Pierre Mauroy dans son exercice préféré, rebrossant à larges mouvements de bras quarante ans d’une « longue métamorphose », débutée en 1968 avec la création « autoritaire » par l’État de la communauté urbaine de Lille. Les métro, Mongy, TGV, qui ont « commencé à donner une image de modernité » ; le recyclage des résidus urbains à partir desquels roulent désormais les bus ; l’habitat dégradé remplacé par « des HLM, des HLM, des HLM  », avant que Lille ne devienne « victime de son succès » ; les 200 000 m² de bureaux et 8 000 emplois d’Euralille ; les 1 200 hectares d’espaces verts créés, contribuant à « modifier l’image d’une métropole » où les délégations étrangères demandaient autrefois à visiter « le carreau de mine »…
Vers l’Eurométropole
Avec lui, jusqu’en mars, puis après lui, « la marche en avant vers une métropole européenne » continue. L’aire de coopération métropolitaine, englobant les voisins régionaux, va devenir COMET (comme coopération métropolitaine !) le 3 décembre. L’Eurodistrict aux 2 ou 3 millions d’habitants de part et d’autre de la frontière se traduira en groupement européen de coopération territoriale (GERT)… dès que les Belges auront résolu leur crise gouvernementale et les Français trouvé « quelques quarts d’heure » pour voter la loi nécessaire.

Qui voit-il pour poursuivre son grand oeuvre ? « Martine » (Aubry), bien sûr. Il s’engagera à son côté dans la campagne pour la mairie de Lille d’abord (il est confiant), pour la communauté urbaine ensuite. Avec 45 communes de moins de 5 000 habitants sur 85, obtenir la majorité reste « un exploit », réalisable, « pour la gauche ». Pierre Mauroy insiste sur l’élection de Tourcoing. Elle pourrait être décisive, en tout cas « pas ordinaire », avec pour l’UMP un Christian Vanneste « aux idées pas très “catholiques” ». « J’espère que Tourcoing se donnera un maire républicain. » Le patron qui « goûte au plaisir de gérer une “entreprise” comme la communauté urbaine » cède alors la place au politique qu’il restera encore trois ans, jusqu’à la fin de son mandat de sénateur. Le temps de fustiger les risques de dérive vers un «  régime bonapartiste » avec le « style Sarkozy » ou de dénoncer le «  ton de procureur » pris par Lionel Jospin à l’égard de Ségolène Royal. De rêver aussi à des grandes « assises du socialisme  ». L’« aventure » continue.  •

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